Communiqué de la conférence de presse -Une jeune Québécoise incarcérée par Israël pour son action humanitaire

17 avr

De gauche à droite, Bruce Katz (CJPP), Jean Lortie (CSN), Claude Majeau (mère de Charlotte Gaudreau-Majeau), Stéphan Corriveau (Bienvenue en Palestine), Mario Dion (délégué déporté), Ted McLarren (délégué déporté, CSN Construction), Dominique Peschard (Ligue des droits et libertés) et Michel Lambert (AQOCI).

Communiqué- Une jeune Québécoise incarcérée  par Israël pour son action humanitaire

 

Montréal, 17 avril 2012 — Charlotte Gaudreau-Majeau, une étudiante montréalaise de 19 ans, est détenue depuis dimanche dans la prison de Givon, en Israël, pour avoir tenté de se rendre à Bethléem, en territoire palestinien occupé, pour y construire une école dans le cadre du projet Bienvenue Palestine. Quinze autres QuébécoisEs faisaient partie du projet, dont quatre ont été déportéEs et cinq ont été bloquéEs alors qu’ils faisaient escale à Paris. Les six autres ont réussi à se faufiler jusqu’à Bethléem, aux côtés d’une trentaine d’EuropéenNEs.

Le projet « Bienvenue en Palestine », appuyé ici-même par plusieurs dizaines d’organisations de tous les secteurs de la société civile dont la CSN, la CSN-construction, la CSQ, la SFPQ, l’AQOCI, la FFQ et la Ligue des Droits et Libertés, puis là-bas par le maire de Bethléem et par le gouverneur territorial, rassemblait environ 1500 personnes de partout sur le globe, qui allaient offrir leur aide à l’organisme Enfants-Jeu-Éducation dans la construction de l’École Internationale, un établissement scolaire pour les jeunes Palestiniens.

La mère de la jeune québécoise, elle-même enseignante, soutient totalement sa fille. « Son père et moi comprenons et appuyons totalement notre fille. Le droit à l’éducation et la liberté d’un peuple sont des causes nobles et l’engagement de notre fille nous rend très fiers », déclare Mme Majeau.

La quasi-totalité de ces bénévoles se sont vus refuser l’embarquement pour Israël par des compagnies aériennes, qui, selon Stéphan Corriveau, porte-parole de Bienvenue en Palestine, « sont complices de l’apartheid israélien qui continue à asphyxier le peuple palestinien en les privant de l’accès à des droits fondamentaux, tels que la libre circulation et l’éducation ». Parmi la demi-douzaine de compagnies impliquées, Air France a reconnu que le nom de ces individus figurait sur des listes d’interdiction de vol et a assuré qu’elle les laisserait partir sitôt que ce petit « détail » serait réglé.
Dominique Peschard, le président de la Ligue des Droits et Libertés, affirme qu’« avec ces listes, des personnes se voient refuser le droit de voyager, selon des critères arbitraires, en fonction de renseignements qu’on ne leur divulguent pas et qu’elles ne peuvent corriger, et ce, sans véritable mécanisme de redressement. C’est une violation totale de la règle de droit. »

Cinq membres de la délégation québécoise ont ainsi été bloqués à l’aéroport Charles-de-Gaulle : Marjolaine Goudreau, Jean-Paul Cyr, Diane Lamoureux, Lorraine Guay et Julie Lachapelle. Ces derniers sont actuellement à Paris et procèdent à des démarches pour que l’ambassade d’Israël en France accepte qu’ils continuent leur voyage. « Mais nous n’avons pu parler qu’a des agents de sécurité », a confiée Julie Lachapelle, déléguée de la CSN bloquée à Paris.

Sur les 1500 participantEs, une quarantaine ont réussi à se rendre à Bethléem, dont six Québécois. Beaucoup d’autres, détenus toute une nuit, interrogés et harassés par les militaires israéliens, ont fini par être déportés. C’est ainsi que quatre Québécois, Mario Dion, Yves Rochon, Sylvain Thibault et Ted McLaren, se sont retrouvés manu militari à bord d’avions quittant Israël. « C’est une vingtaine d’hommes armés, décrit M. McLaren, délégué de la CSN-Construction, à mon avis des militaires, qui m’ont emmené dans une pièce close pour m’inciter à signer une décharge m’interdisant d’aller en Cisjordanie dès que je mettrais les pieds en sol israélien. Quand j’ai refusé de signer, on m’a confisqué mon passeport et j’ai été forcé de reprendre l’avion direction Newark. Je n’ai pu récupérer mon passeport qu’une fois arrivé à Ottawa. »

Seulement 31 femmes (dont Charlotte Gaudreau-Majeau est la seule ressortissante canadienne) ont réussi a ne pas être déportées et continuent a réclamé le droit de participer à la mission. L’État Hébreu les a incarcérées dans le centre de détention de Givon, où elles ont entrepris depuis hier une grève de la faim, pour inciter leur gouvernement respectif à se lever contre les pratiques du gouvernement Netanyahou.

« Nous invitons la population et toutes les organisations à dénoncer les gestes d’Israël et à nous faire parvenir des messages de solidarité que nous ferons parvenir à Charlotte, affirme M. Corriveau. Nous enjoignons aussi la population à se rendre au http://www.bienvenuepalestine.ca pour signer la pétition demandant sa libération. Israël doit permettre à toutes les militantes détenues de se rendre à Bethléem pour participer à la construction de l’École Internationale. »

En quelques heures à peine, plus de 1200 personnes ont envoyé un message d’appui à la jeune québécoise. Une motion dénonçant les agissements d’Israël devrait être présentée à l’Assemblée nationale cette semaine et l’organisation espère qu’elle recevra l’appui d’un maximum de députés.

Les six québécois, quatre femmes et deux hommes, qui ont atteint Bethléem sont, pour leur part, stupéfaits par la violence de l’occupation. « Humiliations, mépris, étouffement, c’est la première impression qu’on a en arrivant. Les soldats israéliens sont partout et jouent constamment la carte de l’intimidation. Pourtant, les Palestiniens tiennent bon. Le projet d’école est impressionnant, mais notre faible nombre ne nous permettra pas de faire tout ce qui avait été prévu », a confié Denise ajouter son nom de famille après trois jours sur place.

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