Introduction
Le présent texte retrace mon expérience de quelques minutes (environ deux heures) à l’aéroport de Tel-Aviv. Il s’agit d’un document descriptif qui essaie de coller à la réalité. Cet exercice m’apparaît important. Car le conflit entre la Palestine et Israël est truffé de mythes, de désinformations, de propagande, etc. qu’il vaut la peine de faire un effort pour bien décrire les faits. C’est dans cette perspective que ce texte fut écrit.
Chronologie des événements
Le 14 avril 2012, je suis parti d’Ottawa vers 16h00 en direction de Toronto. Vers 17 h, j’étais à l’aéroport de Toronto pour un transfert vers Vienne. Vers 15 h, heure locale de Tel-Aviv, je faisais face à la douane.
À la douane de Tel-Aviv, je rencontre un douanier qui parle français. Il était très sympathique. Il commence à me poser la question : ce que je viens faire en Israël? Je lui réponds que je viens faire du tourisme. Puis, il m’a demandé où j’allais. Je lui ai dit que j’allais à Bethléem. Son visage a changé. Il m’a demandé qu’est-ce que j’allais faire là-bas. Je lui ai dit que j’allais participer à la construction d’une école pour une ONG qui s’appelle Enfant, jeux et éducation. Il m’a demandé si j’avais une lettre de l’ONG. J’ai dit oui. Je lui ai donné la lettre d’invitation. Sans plus de détails, il m’a demandé de le suivre. Je lui ai demandé pourquoi je devais le suivre. Il m’a répondu : « un problème politique ». Il a remis mon passeport à un agent de sécurité et il est parti en s’excusant.
Les agents m’ont demandé de m’asseoir dans une salle. Après quelques minutes, on m’a transféré dans une autre salle. Dans cette salle, plusieurs policiers ou militaires étaient assis. Je suppose que c’était pour impressionner… Ça n’a pas fonctionné avec moi. On a demandé de déposer mon bagage à main dans un bac. (Mon sac à dos était aussi là, mais il avait disparu après ma fouille)
Puis, on m’a transféré dans une petite salle où je devais déposer toutes mes affaires sur moi dans un autre petit bac en plastique. Après le dépôt, toutes mes affaires ont disparu. On a commencé à me fouiller des pieds à la tête. Après la fouille, on est revenu avec mes affaires. J’ai repris toutes mes affaires.
On m’a invité à revenir dans la salle où j’avais vu les policiers\militaires. Surprise, il n’y avait plus de militaires sauf deux jeunes femmes. (Cette surprise confirme, à mon avis, le théâtre de l’intimidation). L’une d’entre elles m’a fait un clin d’œil. J’ai compris qu’elle était de la mission Bienvenue Palestine.
Dans cette salle, je retrouve toutes mes affaires de mon sac à main pêle-mêle dans un bac en plastique. Il avait tout enlevé. Je devais tout replacer. En refaisant mes affaires, j’ai senti qu’un agent de sécurité était impatient. Il voulait que j’aille plus vite. Je ne savais pas pourquoi. J’ai compris plus tard.
On est sorti de la salle, j’ai posé la question : pourquoi me faisait-on tout cela? L’agent m’a dit qu’il n’y avait pas de raison à donner.
On s’est mis à marcher vite. Je ne savais pas où nous allions. Puis, j’ai compris qu’on voulait me remettre sur un avion. J’ai reposé la question pourquoi, vous faites tout cela? La réponse de l’agent fut différente. «Bethléem ce n’est pas Israël. C’est la Palestine.» C’est ce que j’ai compris avec mon pauvre anglais…
On est finalement arrivé au poste d’embarquement de ma compagnie d’aviation, Austrian Arline. L’hôtesse a donné un billet d’avion à l’agent de sécurité. J’ai demandé où sont les autres billets pour Vienne et Toronto. On m’a dit qu’on me donnerait le tout à Vienne.
Quand je suis entré dans l’avion, j’ai reconnu l’hôtesse de l’air. C’était la même que sur mon vol. J’ai saisi que je reprenais le même avion. L’agent a donné mon billet et mon passeport à l’hôtesse de l’air. Celle-ci m’a indiqué que j’avais le siège A35. Je suis parti en direction de mon siège. Tous les passagers étaient assis. J’ai saisi qu’on m’attendait. Combien de temps? Je ne sais pas. Chose certaine, les autorités israéliennes ont retardé le vol de cet avion à cause de moi. C’est assis sur mon siège que j’ai compris que l’agent était pressé à cause de l’avion. Sinon, il aurait été obligé de me garder à l’aéroport ou en prison pour me mettre sur un autre vol le lendemain ou plus tard.
Après le départ de l’avion, je n’étais pas content qu’on garde mon passeport. Je suis retourné voir l’hôtesse pour avoir mon passeport. Elle a refusé. Elle me dit qu’elle n’avait pas le droit de me le donner.
À mon arrivée à Vienne, j’ai compris pourquoi. Deux policiers d’Autriche m’attendaient. Les deux policiers avaient mon passeport. Ils m’ont demandé de les suivre. Je suis conduit dans un bureau de la police. J’ai demandé qu’est-ce qu’ils avaient contre moi. Ils m’ont dit qu’ils font des vérifications. Après quelques minutes, ils m’ont redonné mon passeport, en me disant qu’ils ne comprenaient pas pourquoi j’avais été expulsé d’Israël. Ils m’ont conduit au bureau de la compagnie d’aviation pour prendre des arrangements.
Au bureau de la compagnie, j’ai demandé un remboursement de mon billet. J’ai posé la question, pourquoi la compagnie a accepté mon expulsion. Ils m’ont dit que ce n’était pas de leur responsabilité. J’ai expliqué que ce n’était pas la mienne non plus. Ils pouvaient me faire payer 2000 euros pour les changements à mon billet. Ils m’ont offert des changements pour 500 euros. J’ai refusé. J’ai dit que c’était inacceptable. Après une longue discussion et des pourparlers en allemand entre eux. Ils m’ont dit qu’il allait faire une exception à cause de la situation particulière. Ils me demandent 185 euros. J’ai tenté de négocier pour 100 euros. Rien à faire! C’était à prendre ou à laisser. J’ai payé les 185 euros.
Comme on m’avait dit que mon sac à dos était dans l’avion. Je suis parti pour chercher mes bagages. Au poste de récupération des bagages, on me dit qu’on n’a pas mes bagages. On me dit que mon sac à dos est probablement à Tel-Aviv. L’hôtesse m’a imprimé mes billets pour Toronto et Ottawa. Il me restait à attendre mon départ pour Toronto.
Vers 10h30, le 16 avril 2012, j’embarque dans l’avion pour Toronto. À Toronto, je n’ai aucun problème avec les douanes canadiennes. Je transfère vers Ottawa. J’arrive à Ottawa vers 17h30 heure locale.
(Pour ceux et celles qui veulent lire ma réflexion sur cette expérience (au sens large du terme), vous pourrez lire un autre document qui donne plus une réflexion sur l’ensemble.)
Mario Dion
Le 17 avril 2012